Jeju

Jeju

제주

9 — 11 septembre

Tout au sud de la péninsule, une île née d'un volcan il y a près de deux millions d'années. Entre colonnes de basalte dressées dans la mer, tubes de lave millénaires, cratères devenus forêts et ascension du Hallasan, toit de la Corée.

L'histoire de Jeju

Jeju (제주, 濟州, « district d'au-delà de la mer ») est une île volcanique née des éruptions d'un volcan bouclier il y a environ 1,8 million d'années, couronné par l'imposant Hallasan (한라산, 1 947 m). Longtemps isolée du continent, elle a développé sa propre langue (le 제주어, jejueo, aujourd'hui en grave danger), sa propre architecture et ses propres mythes fondateurs.

Selon la légende, trois dieux appelés Go, Yang et Bu seraient sortis du sol en trois points (les 삼성혈, samseonghyeol) pour fonder le royaume de Tamna (탐라국), un État indépendant qui a prospéré pendant près de mille ans avant d'être absorbé par le royaume de Goryeo en 1105. Au XIIIᵉ siècle, les Mongols y installent des haras pour leur cavalerie (la race du cheval de Jeju en est l'héritière) et l'île devient le dernier bastion de la résistance anti-mongole, les 삼별초 (Sambyeolcho), avant leur massacre en 1273.

Sous la dynastie Joseon, Jeju sert de terre d'exil pour les fonctionnaires et lettrés tombés en disgrâce, dont le calligraphe Kim Jeong-hui. L'île est administrée à distance, considérée comme une périphérie rude et reculée. Pendant la colonisation japonaise, elle devient une base militaire stratégique, avec des aérodromes creusés dans le basalte et des tunnels qui parsèment encore la côte.

L'événement le plus tragique de son histoire moderne est le soulèvement du 3 avril 1948 (제주 4·3 사건), réprimé jusqu'en 1954 par l'armée sud-coréenne dans un contexte de guerre froide : environ 30 000 habitants, soit près de 10 % de la population de l'île, y ont perdu la vie, et 70 % des villages ont été rasés. Un traumatisme resté tabou pendant près d'un demi-siècle, officiellement reconnu par le gouvernement coréen seulement en 2003.

Au-delà de l'histoire, Jeju a ses propres icônes, reconnaissables entre toutes. Les dolhareubang (돌하르방, « grands-pères de pierre »), statues trapues de près de trois mètres taillées dans le basalte noir, un large nez, des yeux globuleux et un chapeau en champignon, gardent depuis l'époque Joseon les entrées des villages contre les mauvais esprits. Côté verger, les gamgyul (감귤), petites mandarines aigres-douces qui profitent du climat subtropical, étaient un tribut royal sous Joseon avant de devenir dans les années 1960 le pilier économique de l'île : on les surnommait alors les « arbres universitaires », car la récolte annuelle d'un seul verger suffisait à payer des études supérieures à Séoul.

Aujourd'hui, Jeju est une province autonome spéciale (depuis 2006) et une destination touristique majeure : trois de ses sites (Hallasan, le système de tubes de lave de Geomunoreum dont Manjanggul, et le pic Seongsan Ilchulbong) sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2007. Son patrimoine vivant est tout aussi précieux : les haenyeo (해녀), « femmes de la mer » qui plongent en apnée jusqu'à 20 mètres pour récolter ormeaux, oursins et algues, sont inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis 2016.

9 septembre, matin

Jeoji Oreum & Spirited Garden

Réveil aux aurores pour gravir le Jeoji Oreum (저지오름), l'un des 360 « oreum » de Jeju, ces petits cônes volcaniques parasites disséminés sur l'île. Un bol circulaire de 800 m de tour et 62 m de profondeur, entièrement rempli d'une forêt luxuriante qui lui a valu le grand prix du Concours national des belles forêts en 2008. Ensuite direction le Spirited Garden (생각하는 정원, « le jardin qui fait penser »), juste à côté, fondé en 1963 par Seong Beom-yeong sur des terres volcaniques incultes. C'est aujourd'hui la plus belle collection de bonsaïs de Corée, avec près de 400 arbres dont certains ont 500 ans.

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9 septembre, midi

Jusangjeolli

주상절리대, les « joints colonnaires » de la côte de Daepo-Jungmun : la plus grande formation de colonnes de basalte hexagonales de Corée, née du refroidissement lent d'une coulée de lave du cône Nokhajiak il y a plus de 140 000 ans. Une promenade aménagée longe le haut de la falaise, entre pins, criques et belvédères sur les colonnes qui plongent dans la mer.

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9 septembre, début d'après-midi

Cheonjeyeon

천제연폭포 (Cheonjeyeon, « l'étang de l'empereur céleste »), une des trois grandes cascades de Jeju, dont l'eau descend en trois paliers successifs dans une gorge volcanique boisée. Selon la légende, sept nymphes (칠선녀, chilseonnyeo) descendaient du ciel chaque nuit pour se baigner dans ses bassins : elles donnent leur nom au pont rouge qui enjambe la gorge, le Seonimgyo (선임교). Le site s'ouvre par le pavillon Cheonjeru et sa fontaine aux cinq bonheurs (오복천).

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9 septembre, après-midi

Oedolgae

외돌개 (« le rocher solitaire »), monolithe de basalte de 20 m de haut dressé seul face à la mer de Seogwipo. Le sentier côtier qui en part longe des falaises volcaniques, des criques de galets et des bois subtropicaux avec vue au large sur l'îlot de Beomseom (범섬, « l'île du tigre »). C'est la portion emblématique de l'Olle 7, l'un des 26 itinéraires de randonnée qui font le tour de Jeju.

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9 septembre, après-midi

Cheonjiyeon

천지연폭포 (Cheonjiyeon, « étang du ciel et de la terre »), à ne pas confondre avec Cheonjeyeon visité le matin. Cascade de 22 m tombant au fond d'une gorge subtropicale en plein cœur de Seogwipo, entourée d'une forêt primaire classée monument naturel pour ses espèces rares de fougères et l'anguille de Muta. Selon la légende, sept nymphes descendaient ici aussi se baigner au clair de lune (même histoire qu'à Cheonjeyeon, d'où la confusion).

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9 septembre, fin d'après-midi

Seobok et Jeongbang

서복공원 (parc Seobok), hommage à l'alchimiste chinois Seobok (徐福, Xu Fu en mandarin) que l'empereur Qin Shi Huang envoya en 219 av. J.-C. avec une flotte de soixante navires et trois mille jeunes gens à la recherche de l'élixir d'immortalité. La légende raconte qu'il accosta à Jeju, grava « 徐市過之 » (« Seobul est passé ici ») sur la falaise et repartit vers l'ouest : le nom même de 서귀포 (Seogwipo, « port du retour vers l'ouest de Seo ») viendrait de là. Le parc jouxte 정방폭포 (Jeongbang), chute de 23 m qui est l'une des rares cascades d'Asie à se déverser directement dans la mer.

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10 septembre

Hallasan

한라산, le plus haut sommet de Corée du Sud à 1 947 mètres. Volcan bouclier au cœur de Jeju dont le cratère abrite le lac Baengnokdam (백록담, « l'étang du daim blanc »). Ascension par le sentier de Gwaneumsa (관음사 탐방로), le plus raide des deux itinéraires qui rejoignent le sommet (8,7 km de montée, environ 5 h) : traversée de la forêt subtropicale et de la vallée de Tamna, puis passage dans l'étage alpin où se dressent les 구상나무 (gusangnamu), sapins endémiques de Corée aujourd'hui ravagés par le réchauffement climatique.

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11 septembre, matin

Sangumburi

산굼부리, cratère maar unique en Corée : une dépression quasi circulaire de 650 m de diamètre et 100 m de profondeur, formée par une éruption phréatomagmatique sans que la lave ne construise de cône au-dessus du sol. Le microclimat de ses parois abrite plus de 420 espèces végétales, dont un mélange rare d'essences tempérées au fond du cratère et de subtropicales sur les pentes ensoleillées. Classé monument naturel n° 263, entouré de vastes champs de 억새 (eoksae, herbe argentée de Miscanthus) célèbres en automne.

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11 septembre, après-midi

Manjanggul et labyrinthe

Descente dans 만장굴 (Manjanggul), tunnel de lave de 7,4 km formé il y a 200 000 à 300 000 ans par l'écoulement d'une coulée sous une croûte solidifiée, classé patrimoine mondial de l'UNESCO. Sa colonne de lave de 7,6 m est la plus haute jamais relevée dans une grotte au monde. Passage ensuite au 김녕미로공원 (Gimnyeong Maze Park), labyrinthe végétal dessiné en forme de Jeju, fondé en 1987 par Frédéric H. Dustin, professeur américain longtemps installé sur l'île, et désormais célèbre pour sa colonie de chats errants qui s'y sont établis.

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